Carnet de route

Trans - Aubrac 2018 – 106kms de trail

Le 20/04/2018 par Christian Mahu

Trans-Aubrac 2018 – 106kms de trail !

Un petit historique de mon inscription sur cette course :

Fin 2017, j’ai un peu lancé les coureurs du club sur une idée de relais pour ce trail, la formule a plu et rapidement, Nicolas, Christophe, Béatrice et Philippe ont constitué une équipe et se sont inscrits. Mon idée était de courir le solo en même temps qu’eux (pas à la même vitesse). Mais lorsque j’ai voulu m’inscrire, les inscriptions étaient complètes et je me suis retrouvé vers la 85ème place de la liste d’attente ; aucune chance d’être pris !!! Après avoir cherché à faire une 2ème équipe (sans succès), je me suis résigné à simplement accompagner les copains pour les soutenir. Et 17 jours avant le départ… un message de l’organisateur qui demande à tous ceux qui sont sur la liste d’attente s’ils sont toujours partants, car il reste des places. Je réponds aussitôt et le soir même je suis inscrit !

Il me reste 2 semaines pour être prêt ! Car entre temps, bien sûr que j’ai couru, mais pas suffisamment pour bien préparer un Ultra de 106kms…

Vendredi 21/04/18 :

Départ 13h30 avec Nicolas, pour 5 heures de route ; récupérer les dossards, aller à l’hébergement, installation rapide et 5heures de sommeil…

Samedi : réveil 4h30 pour aller sur la ligne de départ (en passant par le contrôle du matériel obligatoire des sacs). Philippe nous accompagne et récupère la voiture.

Départ 6h00 avec feux d’artifice, au milieu des ruines d’un château, une super ambiance !

Je démarre en compagnie de Nico, mais je sais que je ne vais pas le suivre longtemps, car il va faire 25kms et passer le relais alors que j’en ai 106 pour terminer. Mais pour l’instant, il commence tranquillement et ça me va et puis je suis venu pour être avec le groupe, je vais bien faire quelques kms en commun.

Vers le 7ème km, première grosse montée, je préviens Nico que je passe en mode « marche », nous nous souhaitons « bonne course » et il continue de courir.

Un peu plus loin, je suis le nez sur les baskets du coureur de devant et brusquement « plus de balises ! »… Un coureur, loin devant moi a loupé une bifurcation et tout le monde (une vingtaine de coureurs) a suivi… Demi-tour, nous retrouvons le bon chemin, mais c’est environ un km de plus et je n’avais pas besoin de ça !!!

Le chemin devient plus étroit, plus mauvais et surtout par endroit très humide et boueux ! J’essaie d’éviter au maximum de me mouiller les pieds, car il reste encore pas mal de kms, mais je fini par avoir les chaussures pleines de boue et les pieds trempés. A part ça, je pense à bien boire (petites quantités, mais souvent), je grignote un peu aussi et… tout va bien ! J’ai sorti les bâtons ; montées en « marche rapide » et descente en footing tranquille. Ma petite douleur à la hanche ne me gène pas plus que d’habitude et le reste du corps va bien !

8h50 : premier ravitaillement, j’ai mis à peine 3h pour cette première étape, je me sens assez bien, surpris d’ailleurs, mais je sais que cela ne va pas durer. Ça sert à ça l’expérience. Je retrouve l’équipe, sauf Christophe qui est en course. C’est super d’être soutenu. Je rempli ma poche à eau (à raz bord, car l’étape va être longue) et je mange quelques figues et abricots secs.

Le contrôleur scanne mon dossard et c’est reparti, je suis en avance de quelques minutes sur le tableau horaire que j’avais imaginé.

La 2ème étape m’inquiète un peu plus, car elle fait 30kms, avec plus de montées que de descente et surtout il fait chaud !!! Heureusement une partie se déroule en forêt et donc à l’ombre, mais je me méfie et je pense à boire souvent ; je grignote les fruits secs que j’ai pris au ravitaillement et pour l’instant, mon tube digestif va assez bien.

J’ai pris l’allure U.L.D. (ultra-longue-distance) et ma moyenne horaire a chutée… mais si je veux terminer, je ne dois pas me griller maintenant. Mon principal souci, ce sont les passages boueux et les franchissements de ruisseaux en tous genres ! J’ai déjà enlevé et vidé mes chaussures plusieurs fois, mais j’ai les chaussettes trempées et boueuses ! Je commence à sentir que le dessous des pieds ne va pas bien…

En sortant de la forêt, les paysages sont jolis, mais le soleil tape fort. Je suis assez souvent seul, je n’arrive pas à rester avec un autre coureur, car en général, je monte moins vite, mais je descends assez bien et je passe mon temps à doubler ou me faire doubler… Je commence à avoir cette sensation de « me trainer »… Normal, l’étape est longue et je n’ai pas vraiment de point de repère pour savoir où j’en suis !

Il fait chaud !!! À chaque fois que je peux, je trempe le buff qui me sert de casquette dans les ruisseaux, pour me refroidir la tête. Il sèche en quelques minutes… mais ça fait du bien quand même.

J'essaie de ne pas penser que je n'ai pas encore fait la moitié de cette course… Je continue de prendre 4 gorgées d'eau toute les 5 à 10 mn et une bouchée de pate de fruit ou barre de céréale régulièrement.

Heureusement la direction de la course a pris la décision de rajouter un point d'eau sur cette étape, car je n'ai plus grand-chose au fond de la poche à eau et autour de moins certains sont "à sec" depuis plusieurs kms. Il reste 11kms avant le 2ème ravito, mais je prends 1,5l d'eau quand même car j'ai peur d'y passer longtemps. Dure fin d'étape, avec en plus un peu de bitume pour traverser la ville… le dessous des pieds n'aime pas du tout!

15h10: arrivée à Laguiole, le 2ème ravitaillement; 6h20 pour faire cette grande étape. J'ai mis un peu plus que prévu, mais je suis encore largement dans les temps pour la barrière horaire. Christophe et Nico sont là. Des nouvelles de Béatrice qui est en course et de Philippe qui est prêt à prendre le relais.

Je regarde tout ce qu'il y a sur la table à boire et à manger, c'est très varié, mais rien ne me fait envie... ça y est, jusque-là mon tube digestif fonctionnait bien, mais je sens que ça ne va plus et que la fin de course va être dure aussi de ce côté-là.

Je bois un peu, je grignote quelques "Tuc" et prends un gobelet de soupe. Pendant que Christophe rempli ma poche à eau, je sèche un peu mes pieds et change de chaussettes. C'est bien ce que je craignais, j'ai une grosse ampoule sous l'avant de chaque pied. Je profite des toilettes, j'allège au maxi mon sac et ajoute juste quelques figues dans les poches.

Encouragements des copains et c'est parti pour la plus courte des étapes (23kms) mais avec 800m de D+.

Au départ de cette étape, l'itinéraire traverse la fabrique de couteaux (Laguiole); surement très intéressant, mais je n'ai pas la tête à faire du tourisme, je reviendrai…

J'essaie de me persuader que j'ai fait le plus dur (55kms, il en reste 51kms) mais je sais que la fin de course va être très dure et que c'est loin d'être gagné. Pieds douloureux, jambes déjà bien fatiguées, estomac noué et même les bras me font sentir que j'appuie trop fort sur les bâtons (oui, ça soulage les cuisses, mais les épaules et les coudes n'aiment pas).

Je cours un peu dans les descentes, mais cette étape est plutôt en montée et ma moyenne horaire diminue encore… J'ai à nouveau rempli mes chaussures de boue…le petit confort des chaussettes sèches n'aura pas duré longtemps. J'ai beau essayer de traverser les zones marécageuses sur les touffes d'herbes et les pierres, rien à faire, la fatigue aidant, je marche souvent à côté. Le moral est au plus bas et l'arrivée est encore bien loin. J'essaie de me concentrer sur: "finir cette étape", ce qui représente un objectif plus proche.

Un parcours de santé, une base de loisirs et … les copains sont là!!! Philippe est en course, mais tous les autres m'entourent, me chouchoutent un peu et après un mini massage des jambes (merci Marie), c'est reparti! Béatrice m'a bien dit que la fin de l'étape est dure, mais le moral est regonflé quand même!

Il fait toujours grand soleil, mais sur le plateau le vent violent est très froid et la marche réchauffe moins que la course. J'arrive au point le plus haut de la course (1426m). La vue depuis le sommet de ce Puy est magnifique, mais je ne suis pas en état d'apprécier. J'ai mis le coupe-vent dans la montée… après avoir eu trop chaud sur l'étape précédente, j'ai froid! Je me réchauffe en dévalant (et en me faisant plaisir) de belles portions assez faciles (pelouse), mais trop souvent gêné par de grandes parties boueuses ou des ruisseaux à traverser. Je me relâche, en marchant, volontairement de temps en temps pour éviter de m'exploser les cuisses.

Je n'ai jamais eu aussi mal aux pieds sur aucun de mes ultras. J'essaie de manger un peu, car je sais qu'il faut du carburant pour terminer, mais à part la compote que m'a donnée Béatrice, rien ne passe. Cette étape, la plus courte, n'en finit pas… je doute de plus en plus… le seul point positif, c'est que les muscles, même fatigués, tournent toujours et ne "crampent" pas.

Enfin, le Buron des Bouals, fin de la 3ème étape. Il est 17h42; j'ai mis 21mn de plus que mon estimation…mais il me reste seulement 52mn d'avance sur la barrière horaire!

Comme annoncé, c'est un ravitaillement 5 étoiles!!! Je n'ai jamais vu cela sur un trail; ça se rapproche plus d'un buffet de gala, le champagne en moins. Tout ce qu'il y a sur la table a l'air super bon et raffiné (produits régionaux gastronomiques, salés et sucrés). Un demi-verre d'eau, un demi-gobelet de soupe, quelques miettes de gâteau… ça ne passe pas!

Je dois avoir une sale tronche, car les bénévoles s'inquiètent un peu trop de mon état, je sors rapidement, car je n'ai pas envie d'être mis Hors Course (comme à Guéret). J'espère un peu de réconfort auprès des copains que je vais surement trouver à la sortie du Buron. Personne… peut-être sur le parking en bord de route au km suivant… mais pas là non plus. Tant pis, ils ont dû me louper. Ce n'est pas facile de suivre un coureur, mais là, ils sont en plus sur le relais!

Il fait froid, j'aurais bien voulu récupérer un maillot manches longues dans le "sac suiveur"; j'espère qu'ils vont me retrouver un peu plus loin.

Par contre, l'effet bénéfique de passage rapide sur ce ravito (avec l'absence de mes suiveurs) c'est que je suis reparti… et que je n'ai plus de doutes… je vais me battre jusqu'au bout et sauf accident, je dois terminer!

Mais pour cela il faut passer les 2 dernières barrières horaires.

Plus que 27kms, ou plutôt encore 27kms! Sur le papier, elle paraissait facile cette étape, plutôt en descente et je l'avais largement sous-estimé en terme de difficulté et de durée!

Il fait nuit (j'ai remis la frontale), froid, les cuisses ne veulent plus monter, les pieds me font hurler dans les descentes (enfin hurler intérieurement) mais la tête a décidé de continuer! Et le peu de cerveau encore connecté passe et repasse en boucle des pensées positives: "Virginie (ma fille) est devant sont ordi et suit ma progression sur Internet"; "Christine (ma Chérie) a laissé des messages sur mon portable (je ne décroche pas en course, mais je l'ai entendu vibrer)"; "les copains ont dû terminer leur relais, ils ont confiance en moi…" Et aussi quelques images de franchissement de ligne d'arrivée (UTMB, Diagonale, Verdon, 6000D…) et la joie qui va avec! Mais aussi et surtout: ne pas revivre cette déception de Guéret ou de l'UT4M!!!

22h15, Point d'eau de "la Cascade de Lacessat" je n'ai plus qu'1/4heure d'avance sur la barrière horaire!

J'arrive à boire un peu d'eau, il faudrait que je mange un peu, mais le corps ne veut plus rien d'autre que se coucher!!!

Je m'allonge dans l'herbe et je rassure les secouristes qui veulent absolument s'occuper de moi. Et… oui!!! Les copains arrivent!!! Vite, le maillot sec et chaud supplémentaire, une veste pour me réchauffer, quelques minutes de réconfort, je finis mon verre d'eau et je repars avec leurs encouragements.

Il me reste 17kms, il faut tenir et surtout passer la dernière BH.

Encore un ruisseau (3 ou 4 m de large quand même) à passer, et le pied qui glisse sur le rocher mouillé… gros choc sur la hanche droite (celle-là qui était déjà douloureuse, pour d'autres raisons) et je suis trempé! J'ai du mal à me relever, car je suis un peu sonné, mais je sors de l'eau et je repars très vite pour essayer de me réchauffer. Je sais que je viens de me faire très mal!

Nous sommes quelques coureurs (coureuses) dans la même galère, à essayer de passer cette dernière barrière dans les temps. Peu de discussions, mais quelques mots par-ci par-là pour s'encourager et évaluer le temps ou les kms qui restent.

Grosse, très grosse montée, pas très longue (en kms) mais sans aucun doute la plus raide du parcours!!! Je n'en vois pas le bout… Sur la petite descente suivante, j'ai une sensation bizarre dans la cuisse droite, je pose ma main et…il y a une bosse énorme qui "ballotte" à chaque foulée… de toute façon, je ne fais plus la différence entre la douleur due à mes problèmes de hanche, les muscles gonflés et maintenant cet énorme hématome.

Un des coureurs (qui a un GPS) nous annonce qu'il doit rester entre un et 2 kms avant la dernière BH. Ça descend, mais en zigzag dans la végétation et c'est dur de courir sans perdre de vue le balisage. La route enfin, le poste de contrôle doit être tout près… il ne reste que quelques minutes pour le passer… Nous sommes un petit groupe à dévaler la pente en espérant y arriver.

Un véhicule, 2 bénévoles, sous le premier lampadaire d'un petit village… C'est bon??? "Oui, mais il ne faut pas vous arrêter maintenant…" Il est 0h28, je viens de passer la dernière barrière horaire qui ferme à 0h30, je traverse le petit village de St Martin de Montbon il reste 7kms, je pleure, je sais que je vais finir cette course!

La montée en sortie du village… des encouragements… Les copains!!! Super!!! Je me pose une minute sur un tronc d'arbre. Une petite gorgée d'eau, c'est tout ce que j'ai pu prendre depuis le dernier ravito. "Tu ne capitules pas" me dit Béatrice… Non, pas maintenant!!!

Je repars, mais pas tout seul… Christophe qui a pourtant fait son relais ce matin (la 2ème étape) s'est remis en mode course et m'accompagne! Les muscles sont de plus en plus mal mais le moral a fait un bon vers le haut et je relance la machine au mieux. Alternance de quelques petites montées, mais surtout des descentes et j'arrive encore à courir. Et puis, c'est tellement plus facile quand on a un ami à ses côtés!

Au croisement suivant avec la route, Nico et Béa m'encouragent à nouveau… c'est long… mais le fait de parler un peu avec Christophe m'aide beaucoup!

Les premières maisons, la route à nouveau, la voiture de Nico… ça sent la fin!!! "A partir de là, il reste 1km300" me dit Christophe, "on l'a fait avec Philippe tout à l'heure." Nous longeons la rivière, il fait froid, je relance et arrive à courir un peu… Béatrice et Nicolas nous attendent 300m avant l'entrée dans le gymnase et la ligne d'arrivée; petit footing pour tous les 4… et c'est magique de finir comme ça!!!

Il faut monter sur l'estrade pour passer la ligne mais c'est fini et je suis HEUREUX!!!

Il est 01h59, j'ai mis 19h54; je termine 236ème sur 250 (mais 134 ont abandonné), résultat très moyen…Mais j'ai terminé!!!

Un immense MERCI à Nicolas, Christophe, Béatrice, Philippe (les 4 du relais) et Marie Laure qui m'ont suivi et soutenu sur tout le parcours.

Je voulais me prouver (aux autres aussi) que même à 61 ans, même avec aussi peu de préparation, avec beaucoup de mental, c'est possible. Bien sûr qu'un peu plus de préparation aurait été bénéfique.

Je voulais aussi effacer (au moins en partie) mes 2 échecs (Guéret et UT4M).

Une bonne note pour finir ma carrière d'Ultra-Trail…ou pas???

 

Tans – Aubrac 2018 un super Trail vécu en équipe!!!

 

"5h00 de route, 5h00 de sommeil, 3h00 de course, 17h00 d'accompagnement des coureurs, 6h00 de sommeil et 5h00 de route: un week-end intense, vive le Trail"

En ce week-end du 21 avril, c'est sortie Trail !

Vendredi 20/04 :
13h30 : Départ de Beaugency avec Christian direction Saint-Geniez-d'Olt pour récupérer les dossards de l'équipe EB Montagne et celui de Christian qui fait les 106km seul.
19h00 : Arrivé au Gîte, formalités, déballage des affaires, préparation de nos équipements pour courir, diner sportif (pâtes / jambon / râpé, bananes).
21h30 / 22h00 : Dodo

Samedi 21/04 :
00h45 : Arrivé du reste de l'équipe (Béatrice, Philippe et Marie-Laure, Christophe) parti à 19h00
4h30 : On se lève avec Christian rejoints par Philippe qui nous emmènera pour 5h15 sur la ligne de départ.
5h30 : On est sur place, le ciel est découvert, il ne fait pas froid mais pas chaud non plus. On se déleste de nos pantalons et manteau avant de passer dans le sas de départ pour les donner à Philippe.
5h45 : j’essaie d'enlever mon pantalon, les chaussures ne passent pas... je m'assoie, j'enlève mes chaussure, mon jogging remets les chaussures, je me lève... et... Philippe est parti... Ça commence bien, je me retrouve avec mon pantalon dans les bras... P'tit coup de stress!
5h55 : je retire mon sac, j'y engouffre mon pantalon tant bien que mal... je suis prêt, ouf.
6h00 : feu d'artifice devant le château, c'est le départ. Avec Christian, on court ensemble jusqu'au 7ème kilomètre.
6h30 : On est bien, il fait très doux, le soleil va se lever, on retire les frontales.
6h45 : La première grosse cote arrive, enfin... nous arrivons à la première grosse cote... Christian me dit qu'il va marcher, de mon côté, je continue à courir, les cuisses peuvent chauffer je vais 25km contrairement à Christian qui doit gérer.(Je n'ai plus la notion des heures) :
Ça y est, je suis dans ma course, les chemins deviennent de plus en plus étroits, plein de grosses pierres et avec un ruissellement d'eau au mieux; c'est boueux. La vue est magnifique, le paysage très vallonné, on passe devant de superbes châteaux et bâtisses, je m'arrête 30s pour prendre des photos.
16ème kilomètre l'équipe est là, sur le bord de la route c'est cool, ils récupèrent mon pantalon, je les informe de quand on s'est séparé avec Christian de manière à connaitre les décalages pour pouvoir le suivre tout au long de la journée.
18ème kilomètre, ça monte sévère, je marche et ça me casse les pattes, ça dur facilement 15-20min et je n'aime pas ça, je trouve que j'arrive à avancer quand je marche et ça n'en finit pas.
20ème je suis en haut, on relance la machine, tout en bas j'aperçois Saint-Côme-d'Olt, mon arrivée et 1er ravito pour Christian.
5 kilomètre de descente (env. 20-25min), y a des pierres, de l'eau, de la boue, chemins à vache, ça glisse, c'est technique et ça me plait. Certains glissent, tombent, on est sale. On retrouve la route, il reste un bon kilomètre, je me dis qu'après ça j'ai fini, j'accélère autant que je peux.
8h45 (j'ai retrouvé la notion du temps) : 2h45 de course en 25km, l'équipe, on m'encourage m'attend sauf Christophe qui est dans le gymnase pour prendre le relai. Je rentre dans le gymnase, Christophe me fait signe, le commissaire scanne mon dossard, scanne celui de Christophe, on se tape dans la main, un bisou de Christophe, et il sort ultra motivé. C'est fini, enfin cette première partie de journée. Je me pose.
9h05 : Christian repart de son 1er ravitaillement, ça à l'air d'aller.
9h45 : l'équipe part suivre Christophe et je fais un aller / retour au gîte pour me changer.
13h00 : j'arrive à Laguiole (point du 2ème relai) où j'en profite pour manger et où j'attends l'équipe qui suit Christophe.
13h25 : je parts à la rencontre de Christophe dans Laguiole, on se retrouve à 800m du gymnase, je l'accompagne dans ses derniers mètres en courant. Christophe est en forme, il est super content du parcours.
13h30 : relai passé à Béatrice qui part très prudemment et très concentrée.
13h31 : Où est Christian, comment on s'organise? (Bon, j'vais raccourcir mon récit, car on s'est couché à 3h00 du matin et il reste encore 10h00 à raconter et pas des moindre... mais fallait venir avec nous pour le vivre!)
15h00 : Après avoir cherché Christian sur le 2ème relai, on le retrouve avec Christophe à Laguiole. Philippe et Marie-Laure sont partis suivre Béatrice d'autant plus que Philippe est le prochain à partir.
15h30 : Christian repart pour sa 3ème étape, nous rejoignons le 3ème relai pour récupérer Béatrice.
16h30 : Béatrice arrive au magnifique ravito gastronomique des Burons après 3 heures de course, satisfaite de sa prestation et des paysages.
Ensuite un petit aller-retour entre Philippe qui semble bien et Christian qui est à mi-chemin du 3ème relai; l'écart entre notre équipe et Christian s'agrandit, ça devient très dur de gérer les 2.
19h00 : 3h30 pour faire ses 17 premiers kilomètres Philippe va beaucoup moins bien, ça descend beaucoup et il souffre. L'équipe décide de rejoindre l'arrivée pour faire les derniers mètres tous ensemble.
21h00 : 105ème kilomètre pour notre équipe, Philippe arrive et on part tous ensemble pour le dernier kilomètre avec Philippe, magique. On passe la ligne d'arrivée tous ensemble après 14h51 de course.
21h01 : Une petite bière pour fêter ça !
21h02 : Mais où est Christian? Nous repartons avec Béatrice et Christophe à la rencontre de Christian, Marie et Philippe rentre au gîte. Un petit coup d'internet, il a passé le 3ème ravito à 19h52.
22h15 : Nous arrivons au 87ème kilomètre, Christian ne devrait pas être très loin, Béatrice et Christophe descendent de la voiture en avance et je pars me garer. 2 minutes après, je vois Christophe venir en courant, Christian est là, assis dans l'herbe... Ça va pas terrible, la nuit est tombée, il n'a pas mangé depuis le 75ème kilomètre...
22h30 : On l'aide à se relever, il se couvre la fraicheur arrive et il repart en marchant dans les profondeurs de la forêt. Prochaine barrière horaire à 00h30 au 97ème km, notre prochain point de rencontre est au 98ème kilomètre. On y va directement et on calcule : Philippe a mis 3h30 pour arriver au "98ème", Christian est parti à 20h00 du ravito et a mis 2h00 pour aller au 87ème; combien de temps va-t-il mettre : au moins 4h00 donc on a au moins 1h30 à attendre...
22h45 : On arrive au point de rencontre, Christophe nous dit : "si Christian passe la barrière horaire au 97ème, je fais les 7 derniers km avec lui", on approuve. On met un portable à sonner dans une heure et on s’assoupit un peu...
23h45 : Driiiiiiing !!!!!!!!!!!!! On n'a pas beaucoup dormi... On sort de la voiture et on rejoint le chemin. Christophe est prêt, frontale, bâtons.
00h00 : Pas de Christian, les coureurs qui passent titubent... ils ont l'air sur une autre planète... rassurant...
00h15 : Pas de Christian, au loin on voit toujours quelques les frontales qui descendent dans la vallée et pour remonter jusqu'à nous.
00h25 : Pas de Christian, la barrière horaire est dans 5 minutes, de moins en moins de frontales descendent en face...
00h30 : Pas de Christian, la barrière horaire doit être en train de fermer... il y a toujours quelques lumières en face...
00h35 : Pas de Christian, plan de repli : on se dit que Christophe va prendre le chemin du parcours en sens inverse et avec Béatrice on le rejoint en bas par la route en voiture... et là...
00h40 : Notre Christian arrive, fatigué, très fatigué... Il nous dit qu'il a passé la barrière horaire à 00h28, on sait tous que maintenant, il ira au bout. Par contre, ce qu'il l'inquiète plus, c'est sa fesse droite... il nous montre... wow... il est tombé en passant un ruisseau, il a un hématome gros comme un melon..., on géra tout ça à l'arrivée...
00h45 : Christian repart avec motivation accompagné de Christophe, c'est très dur mais ça sent bon la fin.
1h45 : Après avoir croisé Christian et Christophe à 2 endroits où on a senti que ça allait mieux avec l'approche de l'arrivée, depuis le gymnase nous allons à leur rencontre.
1h50 : Les voilà, on sent de la satisfaction chez Christian, il s'applique à relancer et même à courir un peu. On fait les derniers hectomètres tous ensemble (2ème passage vers la ligne d'arrivée pour certains !)
1h54 : On entre dans le gymnase, les quelques personnes présentent applaudissent, ça y est, il a fini. 19 heures 54 minutes de course pour 106km ! Christian est fatigué mais il a le sourire, c'est super.
2h00 : Un petit tour chez les secouristes pour Christian, pendant ce temps, nous en profitons du ravito pour manger du saucisson local, miam !
2h10 : Un peu de récup, une photo pour le finisher et on ne traine pas, on est tous bien fatigué et il reste les douches à prendre !
3h00 : On arrive au gîte, on fait ce qu'on a à faire et dodo !

La journée de retour du dimanche n'est pas intéressante, je m'arrête là, si vous avez tout lu, c'est bien!
Merci à toute l'équipe et accompagnateur pour ce super week-end, on recommence quand?

 

Christian

 

 

 







CLUB ALPIN FRANCAIS ETOILE BALGENTIENNE
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